Vu dans Libération – Un dossier sur le congé paternité avec du Paternel dedans (et dessus)

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Revue de presse paternelle

Est-ce qu’on peut appeler « revue de presse » un article qui ne s’intéresse qu’au Libération du 27 juin 2017, consacrant sa Une et un dossier de 4 pages au sujet du congé paternité ?

Allez, ce n’est quand même pas tous les jours qu’un co-fondateur du Paternel, Patrice Bonfy, fait la Une de Libé avec son fils, qui refuse de manger sa purée ! Il y raconte même, en page 5, son expérience du congé paternité.

Libération Patrice Bonfy Congé paternité témoignage

Voici pour toi, une synthèse de ce beau dossier (on n’y parle étrangement pas uniquement du Paternel).

Congé parental : la France n’incite pas ses pères

Libération n’y va pas par quatre chemins : la situation du congé paternité en France n’est pas réjouissante, et le rabotage par le gouvernement français d’une directive européenne qui aurait pu changer la donne nous maintient dans le statu quo.

Laurent Jauffrin décrit le cercle vicieux dans lequel un congé parental majoritairement mono-sexe enferme les femmes : dans l’entreprise, on dévalorise leur engagement professionnel une fois le congé maternité venue ; à la maison, on les laisse sédimenter la charge mentale du foyer pendant le congé maternité.

Indéniablement, le mouvement pour un allongement du congé paternité indemnisé prend de l’ampleur. Mais Emmanuel Macron, s’il en « approuve le principe », s’inquiète du potentiel « coût insoutenable » de la directive européenne qui proposait 4 mois indemnisés au niveau du congé maladie, pour le père et la mère. Alors, dans la directive finalement votée, plus aucun niveau de rémunération n’est fixé.

Pourtant, sans indemnisation allongée, on n’ira difficilement à l’encontre des stéréotypes et arbitrages financiers qui font du congé paternité prolongé une toute petite exception plutôt que la règle.

Regard d’ethnologue sur le congé paternité

Dans un entretien fouillé, l’ethnologue Danielle Boyer remonte l’histoire du congé paternité et détaille les motivations des hommes qui le prennent, rarement, ou non, majoritairement.

On retiendra que :

  • si 70% des français prennent les 11 jours, rémunérés même si plafonnés, du fameux « congé paternité », seul un français sur cent qui pourrait être éligible au congé parental (de plusieurs mois, très faiblement indemnisé) le prend
  • L’arbitrage financier est clé, d’autant qu’on constate que la majorité des pères qui prennent un congé parental prolongé ont un revenu inférieur à la mère
  • Même les pères prenant leur congé prolongé ont tendance à rester exécutants tandis que la mère supervise. L’idée d’une légitimité « naturelle » de la mère est encore bien implantée

Témoignages de pères qui en ont… pris un, de congé paternité prolongé

Pour Patrice Bonfy, 34 ans, « fondateur du média numérique Le Paternel« , père de 2 garçons de 3 et 1 an :

  • 11 jours de congé paternité, c’est une formation accélérée à la paternité
  • L’opportunité d’un congé paternité prolongé s’est présentée par hasard, il n’y aurait pas pensé spontanément, À TORT !
  • 2 mois de congé parental, c’est le doctorat de la parentalité. Long, intense, difficile parfois, mais transformateur

Pour Benny, commercial de 42 ans, père de Noam 7 mois :

  • Le congé parental a été un choix personnel, pour passer du temps avec son fils
  • Son entreprise a été très compréhensive
  • Le congé parental est si mal indemnisé qu’il faut le prendre comme un congé sans solde
  • Cette faible indemnisation est l’explication principale du peu de pères en congé parental. Ce n’est pas qu’ils n’en veulent pas, c’est qu’ils ne peuvent pas
  • Aucun regret. 2 mois de pur bonheur qui ont construit des liens pour la vie

Pour Philippe, 40 ans, père de 3 enfants de 16, 12 et 6 ans :

  • Il n’avait pas connaissance pour ses 2 premiers enfants de la possibilité de prendre un congé parental au-delà des 11 jours de congé paternité
  • Son entourage a plutôt essayé de le décourager
  • La question de l’indemnité est problématique, mais il faut aussi changer les cultures d’entreprises pour mieux soutenir les jeunes pères qui, désormais, veulent passer du temps avec leurs enfants

Merci et bravo à Cyril Zannettacci pour les belles photos !