« Immunité » d’Eula Biss : 4 arguments bien robustes POUR la vaccination

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C’est bizarre d’être CONTRE la vaccination. Un peu comme être POUR la cigarette dans l’avion. Ou CONTRE le recyclage des déchets.

Et pourtant, quand c’est ton bébé qu’il s’agit de vacciner, tu as soudain plus de mal à réfuter les arguments complotistes de tonton. Tu te surprends à lire, en entier, des fake news qui n’auraient jamais dû s’extraire de leurs chaînes de mails originelles. Tu flippes d’abîmer la chose la plus précieuse du monde parce que tu n’as pas pris la peine de remettre en question les convictions que l’on t’a inculquées à l’école et dans le Journal de Mickey. C’est normal.

Eula Biss, journaliste, américaine, mère, est passée par là aussi. Mais elle ne s’est pas contenté de lire trois articles sur internet. Elle s’est lancé dans une grande enquête historique, scientifique, philosophique et poétique, pour tout comprendre de la vaccination et des fantasmes qui l’accompagnent. Résultat : un livre beau et intelligent, « On immunity », récemment traduit en français et publié par Les Arènes sous le titre « Immunité ».

Pour pimenter tes débats intérieurs, tes dîners en ville et tes déjeuners de famille, voici 4 éclairages intéressants, développés dans le livre, sur la vaccination :

1. La vaccination remonte à loin

On associe souvent la vaccination à la médecine « moderne ». Elle a pourtant été découverte et pratiquée bien avant que Pasteur ne découvre l’existence et le mode opératoire des virus.

Au 18ème siècle en Angleterre, chacun pouvait constater que les trayeuses de vaches (principalement des femmes) n’étaient pas touchées par les épidémies fréquentes de variole (ou petite vérole), qui tuaient ou défiguraient le reste de la population. L’explication est peu ragoûtante, mais fascinante.

La variole des vaches, une version bénigne du virus humain, touchait alors tous les troupeaux. Les pis des bêtes infectées étaient couvert de pustules. En tirant le lait, les trayeuses touchaient le pus des pis avec les ampoules ouvertes de leur main (dur boulot que la traie). Résultat : quelques pustules sans conséquence sur la main infectée, et immunité totale face à la variole humaine, beaucoup plus dangereuse.

 

En voyant arriver une nouvelle épidémie, un papa fermier innovateur s’est dit « yolo, on ne va pas se laisser abattre par la variole ». Il a utilisé une seringue pour tirer du pus de pis de vache et l’injecter dans le bras de sa femme et de ses deux petits garçons. Autant dire que les voisins étaient choqués. Toute la famille a survécu à cette épidémie, et à de nombreuses autres. Les voisins n’ont pas pu en dire autant.

Cette pratique, déjà courante en Asie et en Afrique depuis des centaines d’années, s’est ainsi répandue en Angleterre au cours du 18ème siècle, non sans provoquer un débat international. Voltaire lui-même a pris position pour « l’inoculation » dans un texte éponyme. Mais c’est un certain, Jenner, docteur de campagne, qui a inventé le nom qui est resté : variolae vaccinae. Du latin vacca, la vache. Un as du marketing…

2. L’immunité de masse est un effort collectif

Les virus survivent et prospèrent en voyageant d’hôte en hôte. Les virus privés de nouveau porteur à infecter s’éteignent rapidement. Donc, pour contrôler la propagation d’un virus, il « suffit » qu’un certain pourcentage de la population soit immunisé et serve de rempart à la diffusion des virus.

Cela explique pourquoi, historiquement, les épidémies les plus mortelles venaient par vagues. Quand une épidémie se déclenchait, une part de la population était infectée. Ceux qui survivaient étaient immunisés. Une fois qu’une proportion suffisante de la population vivante était immunisée, les virus ne pouvaient plus voyager et l’épidémie s’éteignait. On remerciait les rois, les dieux ou la providence ! Et puis les corps immunisés étaient progressivement emportés par l’âge, jusqu’à ce que leur proportion passe en dessous du seuil critique permettant au virus mortel de prospérer de nouveau. Et bam, épidémie.

Un vaccin n’a pas la même efficacité pour tout le monde. La vaccination systématique permet de s’assurer que la proportion immunisée d’une population est maintenue au-dessus du seuil de propagation d’un virus. C’est ainsi qu’une personne vaccinée contre la rougeole vivant dans un groupe de personnes non vaccinées a plus de chance d’attraper la rougeole qu’une personne non vaccinée vivant dans un groupe de personnes vaccinées.

Se faire vacciner, c’est prendre un risque personnel insignifiant pour protéger la collectivité, et en particulier ses membres les plus faibles et démunis, d’un risque grave.

3. Trop de vaccins ?

Un risque insignifiant ? Vraiment ? Avec la multiplication des vaccins obligatoires. Et tous les additifs dont on entend parler ? Oui. Depuis la vaccination au pus de pis de vache du 18ème siècle, les vaccins ont été sans cesse améliorés pour devenir toujours plus inoffensifs.

Grâce à l’évolution des techniques de production, les vaccins inoculés de nos jours ont une teneur en principes actifs (les protéines similaires au virus auxquelles le système immunitaire réagit) largement inférieure aux injections reçues par nos parents en leur temps. Le total des principes actifs contenus par tous les vaccins obligatoires est inférieur à la quantité de principes actifs contenus dans le seul vaccin contre la variole de l’époque de nos parents.

Quand bien même ça ne serait pas le cas, la vaccination ne resterait qu’une goutte d’eau dans un océan de virus : dès la naissance, le système immunitaire des bébés lutte en permanence contre des bactéries infiniment plus nombreuses et plus robustes que les principes actifs affaiblis contenus dans les vaccins.

4. Trop d’additifs ?

Au-delà des principes actifs, le danger résiderait dans les additifs des vaccins. Du formol, de l’aluminium, du mercure ? Tout cela sonne trop chimique pour l’injecter dans les cuisses roses de ton bébé. Alors, voyons :

  • Le formol, utilisé pour inactiver les virus, est présent à l’état de trace dans les vaccins. Mais le formol est naturellement produit et stocké par le corps humain, en quantité bien supérieure à ce que contiennent les vaccins
  • L’aluminium, utilisé comme adjuvant pour intensifier la réponse immunitaire (et permettre de réduire la quantité de principe actif nécessaire), est présent en plus grande quantité dans l’environnement immédiat de l’enfant que dans les vaccins. On en trouve dans les fruits, les céréales, et même dans le lait maternel
  • Le mercure, qui sert de conservateur, est piégeux. Il a été démontré, dans des cas de pollution industrielle, que l’exposition des jeunes enfants au méthylmercure était toxique. Mais c’est de l’éthylmercure (thiomersal) qui est présent dans les vaccins. Aucune des études menées sur ce dernier composant n’a conclu à sa dangerosité.

Ne jetons pas notre foi en l’humain avec l’eau du vaccin

« Tout ça, c’est une question d’argent, non ? » Pour ce qui est du thiomersal, ce n’est pas complètement faux. Ce composant permet de produire à coût abordable les vaccins multi-doses non réfrigérés, nécessaires aux campagnes de vaccination des pays les moins développés.

Mais les vaccins représentent une part minime des revenus des laboratoires pharmaceutiques. Leur production est extrêmement contrôlée, et moins rentable que d’autres familles de médicaments. Les laboratoires ont d’ailleurs plus tendance à sortir de ce marché qu’à se battre pour y rentrer.

La vaccination est une décision collective, qui prévaut sur la libre décision de chaque membre de la communauté. Un peu de méfiance est naturelle. Mais que reste-t-il de notre confiance en l’humanité si l’on se met à suspecter les motivations du réseau international de médecins, scientifiques et homme d’état à qui l’on a précisément confié la mission de lutter contre de graves épidémies mondiales ?

Tu veux en savoir encore plus ? On te prescrit le livre « Immunité » (en VO« On immunity »), même s’il n’est pas remboursé par la Sécu.