Comment gérer les terreurs nocturnes (et autres incidents de nuit)

« Alors ça y est, tu as un enfant ?
(pause)
Et tu dors bien ? »

On la connaît, cette question faussement bien intentionnée, à laquelle tu as furieusement envie de répondre d’un air nonchalant : « Très bien, merci. Pourquoi, pas toi ? »

En vrai, bof. Enfin ça dépend. Tout le monde sait qu’un bébé ne fait pas tout de suite ses nuits, à moins d’être tombé sur le fameux bébé parfait dont tout le monde a entendu parlé, mais que peu de gens ont rencontré. Puis il y aura l’enfer des dents. Puis les maladies, les bobos.

Et après ça ? Quand le rythme de croisière est atteint, que l’enfant va bien, que tu t’es ENFIN réveillé en sursaut à 7 heures du matin parce qu’il ou elle n’a pas bronché de toute la nuit ? Et bien après ça… Tu risques quand même de te faire réveiller en pleine nuit. Par un enfant que tu ne reconnais pas, en plein remake de L’exorciste.

(On aurait pu mettre un gif animé de l’exorciste ici. Mais c’est beaucoup trop terrifiant, en fait.)

1. Les cauchemars (que tout le monde connaît, ou presque)

Rien de plus naturel que de faire un petit cauchemar de temps en temps, me diras-tu. Sauf qu’il s’agit ici d’un enfant. Qui se réveille, hurle, pleure et attend d’être rassuré. Hop hop hop, on sort du lit.

De quoi on parle, au juste ?

Le cauchemar se définit comme un rêve angoissant ou perturbant. Il se déroule le plus souvent lors de la phase dite paradoxale du sommeil, tard dans la nuit (pour ton plus grand plaisir), en association avec le mouvement oculaire rapide (MOR).

Les cauchemars chez l’enfant n’ont rien d’inquiétants s’ils ne sont pas incessants ni obsessionnels. Les études réalisées sur le sujet notent qu’environ 70% des enfants souffrent de cauchemars. Bonus si ton enfant a entre 3 et 6 ans : il ou elle est pile dans la période la plus sensible 😬.

Mais pourquoi mon enfant, avec des parents aussi géniaux, cauchemarde-t-il ? Les raisons peuvent être nombreuses et parfois anodines : un changement de rythme ou de lieu, un incident survenu dans la journée, une chaleur inhabituelle… Pas toujours besoin de chercher midi à quatorze heures ! Ta mission ? Le rassurer pour lui permettre (et te permettre, charité bien ordonnée commence par soi-même) de se rendormir.

Et je fais quoi, moi ?

Brigitte Langevin, spécialiste du sommeil de l’enfant, conseille : « Chez le jeune enfant, les cauchemars représentent en général des peurs non contrôlées. Quand survient un cauchemar, la meilleure attitude est avant tout de le réconforter et le rassurer. Ensuite, faites-lui raconter son cauchemar, approuvez ses réactions et au besoin, inspectez sa chambre pour le rassurer. »

Pas de monstre sous le lit, on est bien, on est bordé, on a doudou juste sous le nez ? Allez, tout le monde au dodo !

2. Les terreurs nocturnes (le vif – terrifiant – du sujet)

Attention, te voilà dans une autre dimension. Celle dont Hitchcock ou William Friedkin, le papa de L’Exorciste, se sont sûrement inspirés dans leurs réalisations horrifiques.

De quoi on parle, au juste ?

À l’inverse d’un cauchemar, un enfant en pleine crise de terreur nocturne ne se réveille pas (et donc ne t’appelle pas). Pourtant, il peut parler, gémir, transpirer, s’assoir, faire des gestes brusques ou violents les yeux ouverts, voire se mettre à marcher. Mais il ne t’entend pas et ne se rend pas compte de son état. Il est dans un état de veille absolument second (tant mieux pour lui, le bougre) dont il ne se rappellera pas (mais toi oui, pas de chance), et dont la phase principale peut durer jusqu’à 10 minutes.

Autre différence avec les cauchemars : les terreurs nocturnes se déroulent plutôt tôt dans la nuit, en début de sommeil. Elle sont un peu moins courantes que les cauchemars mais toucheraient quant même plus de 35% des jeunes enfants.

Les terreurs nocturnes surviennent en général entre l’âge de 6 mois et six ans. Avec un premier pic vers 18 mois et un autre entre 3 et 4 ans.

Les causes, comme pour les cauchemars, sont à chercher principalement du côté d’une modification du quotidien source de stress et d’inquiétude (déménagement, séparation des parents, etc.). Les terreurs nocturnes peuvent aussi être liées à des problèmes respiratoires et, dans certains cas, à une exposition aux écrans (« Victor, on arrête de regarder Les Contes de la crypte avant d’aller se coucher !« ).

Et je fais quoi, moi ?

Le conseil principal : surtout, ne pas réveiller pas l’enfant ! (Ce qui vaut aussi lors d’une crise de somnambulisme.)

Certes, tu as envie d’appeler les pompiers, de prendre tes jambes à ton cou ou de t’arracher les poils de barbe, mais ton enfant, lui, ne se rend compte de rien. Pas grand-chose d’autre à faire que rester à ses côtés, le rassurer en lui parlant à voix basse et en le caressant doucement, et vérifier qu’il ne se blesse pas en gesticulant.

Si les terreurs nocturnes se multiplient ou que c’est à ton tour d’être pétri d’angoisse
pour ton rejeton, n’hésite pas à en parler à ton pédiatre.

Sinon, comme pour les cauchemars (et à peu près tout le reste), il s’agit surtout de
t’assurer que ton enfant évolue dans un environnement rassurant, sécurisé, rythmé
par des horaires réguliers.

3. « Papaaaa, mon lit est tout mouilléééé… »

Youpi ! Ça fait 6 mois ou plus (avant, ça ne compte pas, c’est juste de l’entrainement) que ton enfant est enfin propre. Adieu, couches à changer et cacas farceurs.

Mais voilà qu’en pleine nuit : draps mouillés, cris d’angoisse et tout le tralala.

De quoi on parle, au juste ?

Le pipi au lit a un nom savant. L’énurésie, oui monsieur, qui concerne jusqu’à 20 % des enfants de moins 5 ans. Statistiquement, ça se tient d’acheter une alèse pour protéger les matelas.

L’énurésie a différentes causes :

  • Un problème de santé sous-jacent (infection urinaire, constipation, diabète…)
  • Un sommeil trop profond pour que l’enfant soit réveillé par l’envie d’uriner (une hypothèse confirmée notamment par une étude suédoise sur le sujet)
  • Une production d’urine abondante et fréquente (oups, il semblerait que ce soit
    génétique… Maman et/ou papa ont des micro vessies ? Junior.e aura plus de
    probabilités de faire pipi au lit !)
  • Un état de stress passager MAIS attention à ne pas dramatiser trop vite : la même étude suédoise pointe le fait que le pipi au lit n’est pas synonyme d’enfant traumatisé. C’est peut-être « juste » une nouvelle phase de son développement à passer.

Et je fais quoi, moi ?

Surtout, ne pas se moquer, ni gronder. Ça ne ferait qu’amplifier le problème et diminuer la confiance en lui de l’enfant. Imagine, si ça t’arrivait à toi…

Si ton enfant n’a pas de problème de santé lié à l’énurésie, il ne te reste plus qu’à
prendre ton mal en patience et à discuter avec lui de votre objectif commun : un lit bien sec tous les matins. Vous pourrez par exemple vous accorder sur le fait qu’il vaut peut-être mieux arrêter le litre de lait avant d’aller se coucher.

Ah, et il faut changer les draps. Quand même. Et mettre les draps souillés à tremper. Assure-toi aussi de maintenir un stock propre à portée de main.

4. « La nuit c’est fait pour dormir » (comme dirait Maître Gims)

Mais pas que, comme dirait ton enfant chéri !

🥛 « J’ai soiiiif »

Peut arriver si ton enfant a mangé des chips avant d’aller se coucher. Ou si sa chambre a été transformée en hammam.

Et je fais quoi, moi ?

Tu bannis les aliments trop sucrés ou trop salés avant le coucher. Et tu laisses une gourde ou un verre d’eau à proximité du lit en fonction de l’âge de l’enfant. Mais pas trop remplie, la gourde. Sinon, retour à la case 3 : « Papaaaa, mon lit est tout mouilléééé… »

🍪 « J’ai faiiiim »

Risque d’arriver si ton enfant a boudé le dîner ou a signifié que tu ne savais pas cuisiner en recrachant ses petits pois un à un sur la table.

Et je fais quoi, moi ?

Tu lui files un quignon de pain en lui disant que tu ne veux plus en entendre parler. Tu lui répètes en boucle que « la nuit, c’est fait pour dormir, yo. »

🤢 « Blurp »

Le vomi. Cette belle invention du corps humain au fumet délicat. Qui décore si bien les oreillers et les doudous.

Et je fais quoi, moi ?

Vomir, ça fait peur et ça fait mal. Arme-toi de courage, nettoie les dégâts (voir le point 3) puis réconforte ton enfant après t’être tout de même assuré qu’il ne couvait pas quelque chose de sérieux.

😈 « J’ai pas sommeil »

Marche aussi avec « il y a trop de bruit », « ma couverture me gratte », « vous regardez la téléééé ? » et tous ces subtils subterfuges déclamés sur un ton trainant et mélodramatique.

Et je fais quoi, moi ?

Tu rigoles ou tu te fâches, selon ton humeur. Le mieux, c’est toujours d’éviter de crier, ou de « trop » menacer. Mais ça dépendra de ton degré de fatigue, et de ton style de parentalité.

Quel que soit le problème, rappelons-nous qu’il s’agit de la NUIT. De ton sommeil. De ta vie. Pour survivre à long terme, les parents en couple ont tout intérêt à se partager les tâches et à maîtriser tous les deux les bons réflexes en cas d’incident de nuit. Ce qui peut revenir tout simplement, par exemple, à savoir où sont rangés les draps des petits. Et pouvoir répondre en toute honnêteté lorsque ton enfant réplique « Je veux maman » que « Papa va très bien s’occuper de toi. »

Ou vice-versa.

 

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Photo : Caleb Woods

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