Comment (et pourquoi) faire marrer ton bébé ?

Rire est le propre de l’homme. Sans blague !

Tu es parent, tu galères ? Alors que tu pourrais te marrer à longueur de journée ? Mais pourquoi ? Faut rire, sérieux. Le rire, c’est comme la varicelle à la crèche, c’est hyper contagieux. Donne donc des cours de marrade à ton enfant, toute ta famille y gagnera.

Rabelais l’a écrit, « le rire est le propre de l’homme ». L’ultime bonne raison de faire marrer ta progéniture, c’est donc son épanouissement. Le fameux « Tu seras un homme, mon fils ». (ou, de manière plus inclusive, « tu seras un humain, mon enfant ».)

Convaincu ? Ce tuto du lol enfantin te tend les bras.

Mais souris, nom de… !

Être parent d’un nouveau-né, c’est dur. C’est magnifique, c’est la plus belle chose qui puisse t’arriver. Mais c’est dur. Alors la moindre chose que ton enfant puisse faire, c’est te sourire en retour.

Que nenni. Les premiers mois de sa vie, si ton bébé sourit, c’est ce qu’on appelle le « sourire aux anges ». Pas à toi ni à sa mère, aux anges. Concrètement, cela veut dire qu’il ne s’agit pas d’un sourire « social », de réponse, mais d’un automatisme qui exprime son bien-être. C’est déjà ça.

Tu guettes donc avec impatience le premier « vrai sourire » de ton enfant. « Il sourit là, ou c’est juste une grimace bizarre ? »

Tu passes en secret des heures à lui chatouiller les aisselles pour être le premier à entendre son premier fou rire. « Chut ta mère arrive, fais semblant de regarder le plafond. »

Vers trois ou quatre mois environ (chaque enfant suit son propre rythme de développement, oublie les tableaux de comparaison si tu veux rester sain d’esprit), ton bébé va envoyer son premier sourire. Puis son premier fou rire. L’émotion va alors te broyer le cœur, tu vas tenter de filmer le miracle. Et même si toutes les personnes à qui tu montreras le chef d’œuvre ne verront qu’un petit être grassouillet en train de grincer, voire de crier, toi tu sauras. Ton enfant s’est enfin tapé une barre.  

Ta to-do list de clown pour bébé

À partir de là, ça va devenir une mission capitale : faire marrer ton bébé. Sache que, c’est prouvé, certains trucs fonctionnent mieux que d’autres. Petit à petit, tu vas même commencer à entrevoir les particularités de l’humour de ton enfant. Genre un bruit de pet peut le faire marrer. Ou pleurer. Va savoir.

  • Faire des bruits rigolos avec ta bouche, tes mains ou des objets
  • Faire des grimaces et des têtes bizarres
  • Jouer au coucou-caché-qui voilà-où est papa
  • Le chatouiller (gentiment) ou lui faire pédaler des jambes (doucement)

Rire, c’est drôle. Et rire, c’est sérieux.

L’apprentissage du rire n’a rien d’anodin. Il appartient aux grandes étapes du développement comme la marche, le sommeil ou le langage. Rire est un langage, d’ailleurs. Savoir rire démontre plein de choses :

  • Le caractère de l’enfant (il possède un humour qui lui appartient)
  • Sa sociabilité (sourire et rire sont des actes de communication)
  • Son bien-être (hormis le rire jaune ou le fou rire nerveux, le plus souvent rire exprime un sentiment agréable)
  • Sa capacité d’analyse et de reconnaissance des conventions sociales
Pourquoi ? Si ça fait rire, c’est souvent parce que la situation crée un décalage avec la normalité et que ce décalage a été identifié par l’enfant. 

Explications. Si ton enfant rigole en douce parce que tu as un poisson d’avril mal scotché sur ton costard, c’est qu’il est sur la bonne voie. S’il se bidonne en te regardant allaiter, c’est bon signe. S’il se marre quand tu pètes discrètement en public, c’est plus gênant mais c’est bien aussi.

 

  • Le développement de sa capacité d’autodérision (si tu ne veux pas faire de ton enfant un membre de la ligue du LOL)
  • Sa maîtrise de la langue française et de ses sonorités (tu viens de parler du cacatoès apprivoisé de ta belle-mère et voilà que ton enfant a un fou rire. Il t’a fallu à toi plusieurs minutes pour comprendre la blague. Que le caca, c’est la vie.)

Se marrer est un plaisir mais aussi une faculté inaliénable de ton enfant. Pas question de s’arrêter de le faire rire une fois qu’il ou elle n’est plus un bébé !

Le rire, c’est ce jouet fantastique qui ssi tu as oublié de le mettre dans la valise c’est même pas grave parce qu’on l’emmène partout avec soi celui-làs.

C’est une capacité à déconstruire momentanément ce qu’on a appris pour voir les choses différemment. Une preuve d’intelligence donc. C’est l’équivalent intellectuel de la jouissance de faire tomber la tour de kapla qui vient juste d’être terminée. C’est le kif.

Et puis rire, ça sauve des vies

En commençant par celle de ton enfant. Les scientifiques le répètent : le rire est bon pour la santé. Rire agirait sur l’évacuation du stress, sur la régulation de la tension, sur le fonctionnement cérébral et immunitaire, sur la respiration, la douleur, la digestion, et jusqu’à la stimulation des abdos. Fallait le dire plus tôt !

Voici ce que dit le docteur Henri Rubinstein, neurologue et auteur du livre Psychosomatique du rire, à propos des bienfaits du rire : « Le rire est quelque chose d’incontrôlable, de l’ordre du réflexe. Et comme tous les réflexes, il a un objectif de protection. Au même titre que nos yeux se ferment pour se protéger d’un objet qui s’approche trop près, nous rions pour nous prémunir du stress. »

Or qui voudrait d’un enfant stressé, à la tension artérielle trop élevée ?

Sans compter tout le reste.

Savoir se marrer permet aux parents de changer de sujet quand ça part en vrille, sans avoir à punir ou menacer l’enfant.

Exercice pratique : roule-toi par terre en geignant aux côtés de ton enfant qui hurle parce que tu lui as dit « stop les bonbons ». Si il esquisse un sourire, c’est gagné.

Savoir rire prépare un enfant à la vie, qui n’est pas toujours super drôle.

Parce que savoir rire lui apprend le pouvoir de l’ironie, du lâcher-prise, du positivisme.

Ça lui apprend même à apprendre à faire des choix.

Vive la poilade.

Photo : Josh Willink