Bonus : l’interview complète du toubib de « To be or not Toubib »

Vous avez lu l’histoire de « To be or not Toubib », l’urgentiste pédiatrique qui partage ses bons conseils santé sur Facebook, sans filtre et sans honoraire. Ça vous a plu ? Vous en demandez encore ? Alors voici l’interview complète du toubib de To be or not Toubib.

Le Paternel : Bonjour To be or not Toubib ! D’abord, est-ce que vous pouvez nous dire qui vous êtes ?

To be or not Toubib : J’ai 32 ans et je suis urgentiste pédiatrique (c’est à dire qu’actuellement j’ai une qualification de médecin généraliste avec un diplôme inter-universitaire d’urgences pédiatriques). Je travaille en France métropolitaine… et disons que la précision s’arrête là.

LP : Pourquoi ce choix de l’anonymat ?

TBONT : Je ne me cache pas non plus. Mes amis et collègues sont pour la grande majorité au courant. Mais je préfère pour le moment l’anonymat pour plusieurs raisons.

Déjà, dans une société cadenassée où les propos humoristiques sont sur-encadrés et où l’on peut se faire attaquer pour un rien, il était préférable, vu mon humour noir prononcé, de ne pas me mettre trop en avant.

Et puis c’est aussi ce principe de me mettre en avant qui me dérange. Je n’aspire pas à la notoriété ou la visibilité, il s’agit d’aider et d’éduquer les gens, parfois de les faire réagir et toujours réfléchir. Ce n’est pas une quête de célébrité personnelle.

LP : Quel a été le déclic qui vous a poussé à lancer la Page To be or not Toubib ?

TbonT : L’insistance de certains amis et connaissances qui trouvaient ludiques et d’utilité publique les publications « santé » que je faisais sur mon profil Facebook personnel.

Et c’est vrai que la médecine pédiatrique est un domaine assez difficile à cerner, notamment pour les parents inquiets. Donc je me dis que même si cette page n’atteint jamais les 100 000 abonnés [ndlr : c’est quand même bien parti], il se trouvera toujours quelques personnes, parents ou personnels hospitaliers, pour lui trouver une utilité.

LP : Comment organisez-vous votre temps pour vous en occuper ?

TbonT : Ce sont des post écrits pendant mon temps libre, en un jet, sur un coup de tête. Avec quelques vannes bien senties.

Le reste, j’ai décidé de ne pas me prendre la tête. La modération des commentaires est stricte et je bannis rapidement dès qu’ils dépassent les bornes. Je ne suis pas là pour parlementer avec des gens qui viennent juste se plaindre, mais je m’efforce de répondre à certaines interrogations légitimes.

LP : Votre Page grandit rapidement en popularité. Avez-vous été surpris par ce succès ?

TbonT : Le succès initial a été surprenant oui, 5 000 personnes en 15 jours… c’est pas mal. Puis les choses se sont un peu tassées. Mais cela marche aussi par les posts mis en ligne et certainement selon les saisons. Avec la rentrée des classes et le début de l’automne, la fiche-flash sur la fièvre chez l’enfant fait un tabac, et l’audience recommence à grimper [ndlr : plus de 20 000 au moment de la rédaction de cette interview].

D’ailleurs, l’une des choses qui m’a poussé à ouvrir cette page, c’est le succès foudroyant du post sur les traumatismes crâniens chez l’enfant. Relayé par l’excellente Page La Brigade des Nurses, le post en est à plus de 11 000 partages.

LP : Quels sont les commentaires ou messages privés qui vous touchent le plus, vous donnent envie de continuer ?

TbonT : Les messages de félicitations et remerciements des jeunes mamans [ndlr : on a vu aussi pas mal de messages de papas 😉] ou des collègues me touchent forcément, cela montre que je suis utile.

LP : Quelles sont au contraire les réactions qui vous énervent ?

TbonT : Les gens qui viennent juste pour mettre en avant un témoignage d’une insuffisance médicale… D’abord, c’est toujours invérifiable et ensuite c’est épuisant, je ne vois même pas à quoi ça mène. Et je ne vous parlerai pas des anti-vaccins et autres pro-remboursements de l’homéopathie.

LP : Connaissez-vous Charge Mentale Pédiatrie sur Twitter ? Avez-vous une expérience similaire de pères largement « maladroits » aux urgences ?

TbonT : J’avoue ne pas connaître ce compte mais la charge mentale est désormais quelque chose de bien connu. C’est agaçant de voir des pères ne rien connaître de leur gamin ou tout rejeter sur la maman. On fait un môme… et bah on le fait à deux donc on le gère à deux.

Mais avec la mode du hashtag #notallmen [ndlr : qualification péjorative des hommes qui utilisent leur cas personnel, « moi je ne suis pas comme ça » pour contredire une revendication féministe], on dirait qu’on n’a même pas le droit de dire qu’il y a aussi un tas de papas très bien et qui sont très au fait.

Évidemment, les exemples de pères maladroits sont légion… et ceux de mères aussi. En proportion, les pères sont plus souvent un peu (beaucoup) largués mais je peux vous certifier que certaines mamans sont gratinées dans le genre. Pour citer l’un de mes films préférés : « Real life doesn’t fit into little boxes that were drawn for it ». C’est plus complexe, en niveaux de gris.

LP : Pour conclure, pouvez-vous nous en dire plus sur les projets futurs de To be or not Toubib ?

TbonT : Déjà, continuer à faire vivre la Page sur Facebook. Essayer de couvrir encore plus de sujets, et de créer plus de fiches-flash comme celle que j’ai publiée pour la fièvre.

J’ai aussi des amis dans l’édition qui commencent à me parler d’utiliser ces contenus pour un livre, ou un guide. Pourquoi pas ? À voir.

Et Le Paternel essaie de me convaincre de me lancer sur Instagram. Je ne suis pas certain qu’on puisse y avoir du succès avec des textes longs comme mes publications. Mais ça vaut le coup d’essayer, si je trouve le temps.

LP : Merci toubib !

Note : Nous avons aussi publié un sommaire classifié et commenté de toutes les publications de la Page "To be or not Toubib", que nous ne manquerons pas de mettre à jour régulièrement.

 

Photo : Pixabay