Allaitement : 3 étapes pour respecter SON choix

« Allaitement ». Le grand mot est lâché.

Celui qui fâche, qui divise ou qui attendrit, à grands renforts d’études scientifiques et de théories sur l’usage de la poitrine de madame.

« Mais », répètent certains, « l’OMS elle-même recommande l’allaitement exclusif jusqu’à l’âge de six mois ». C’est vrai. Sauf que l’on parle d’une recommandation de portée mondiale, incluant des pays dans lesquels l’eau potable et le lait en poudre bien conservé ne courent pas les rues.

Alors que faire, que penser ? Pour commencer, n’oublie pas qu’il ne s’agit pas de tes seins, à toi. Notre devise : pour une parentalité épanouie, respecte le choix de madame. Voici une méthode en 3 points pour l’accompagner au mieux, allaitement ou pas.

1. Pas de jugement ! Observe les forces en présence

Difficile, me diras-tu, parce que l’allaitement fait justement partie de ce type de sujets qui déchaînent les passions.

En France, la question de l’allaitement est tiraillée entre des injections et objections pas toujours très claires, qui n’aident pas vraiment la future mère à effectuer un choix éclairé :

  • Un discours général qui pousse à allaiter, parce que « c’est ce qu’il y a de mieux pour le bébé » ;
  • Un corps médical pas toujours très bien (in)formé, voire parfois complètement désintéressé de la souffrance féminine : « ça vous fait mal ? Au moins c’est qu’il se passe quelque chose ! » ;
  • Un retour au travail plutôt rapide, avec des infrastructures obligatoirement aménagées (dans les entreprises de plus de 100 salarié.e.s) mais néanmoins peu adaptées à la poursuite de l’allaitement : « attends, tu vas vraiment tirer ton lait dans la salle de réu ? » ;
  • Un courant qui opposerait allaitement et féminisme : « on n’est pas des vaches à lait ✊».

Résultat ? Comme le rappelle Caroline Guillot, auteure du Manuel très illustré d’allaitement, si 2/3 des femmes allaitent le premier mois en France, elles ne sont plus qu’1/3 au deuxième : « Trop dur, trop mal, trop de doutes… la pression et l’angoisse les font souvent abandonner. » Des difficultés qui illustrent un manque d’accompagnement des mères allaitantes d’un côté, et un manque de compréhension envers celles qui ne le font pas de l’autre. On est bien bien bien !

Ta compagne risque donc de se retrouver entre deux camps qui tendent à se polariser. Celui des pro-allaitement, qui n’hésite pas à culpabiliser les mères non-allaitantes jusque sur les réseaux sociaux et à déclarer la guerre aux lobbies du lait industriel. Et celui des anti-allaitement, dont font partie celles qui n’en ont pas ressenti l’envie ou qui préfèrent ne pas allaiter par convictions. Sans parler de la douleur de celles qui ont désiré allaiter mais n’ont pas pu le faire pour des raisons médicales.

On a toujours tort
Extrait du Manuel très illustré de l’allaitement de Caroline Guillot

C’est ici que tu entres en scène, tel un casque bleu de la tétine et du téton  ! En ne rajoutant pas une épaisseur au doute, au contraire. Allaiter ? Ne pas allaiter ? Quelle que soit la décision de la jeune maman, dis-toi que celle-ci a déjà dû faire la part entre une multitude de considérations physiques, sociales, émotionnelles et personnelles souvent complexes.

2. Pas de pression ! Allaiter ou non ne va pas bouleverser le futur de ton enfant

Tu as la chance de vivre dans un pays développé, où l’eau potable coule à flots et le lait pour nourrissons se décline en une belle palette de formules complètes, bio ou non, au lait de vache ou non. En bref, les parents ont l’embarras du choix pour assurer des apports nutritionnels suffisants à leurs enfants si la mère ne veut pas (ou ne peut pas) allaiter.

C’est ici que tombe l’argument MASSUE : la science. La science affirmerait que l’allaitement est bien meilleur pour la santé du bébé et de la maman. Comme le démontre l’ouvrage de l’Américaine Emily Oster, Cribsheet : A data-driven guide to better, more relaxed parenting, from birth to preschool (tout un programme de relaxation) : oui, mais non. Oui, un peu, mais globalement, pas trop.

  • Les études scientifiques sur l’allaitement sont biaisées, de par leur objet de recherche même. En particulier car il est impossible d’étudier l’impact de l’allaitement ou du non allaitement sur un même bébé, sur une même période de temps. Aux Etats-Unis par exemple, l’allaitement est aujourd’hui en majorité un choix de femmes riches et éduquées. Du coup, oui, les bébés américains allaités réussissent mieux à l’école. Mais est-ce que c’est grâce au lait maternel ?
  • Non. En corrigeant les biais des différentes études, les impacts positifs prouvés se limiteraient, côté bébé, à une faible réduction des infections gastro-intestinales et des éruptions cutanées pendant les premiers mois de vie (et, peut-être, des otites). Et côté maman, à une réduction des risques de développer un cancer du sein sur le long terme.

Le dernier argument pour l’allaitement qui se tienne vraiment, selon Emily Oster, est celui de l’impact sur l’environnement. Quant à l’argument financier : mitigé. Parce que si le lait en poudre possède un certain coût, celui du matériel nécessaire à un allaitement confortable, aussi.

En bref, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise situation (on y revient toujours). Quel que soit le choix de la maman, le futur du bébé n’est pas menacé. Ce bébé réclamera trois éléments de base : de l’amour, de la sécurité, à boire et à manger. Quelle que soit la source de ce dernier.

3. Pas de panique ! Ca va (bien se) passer

Scénario n°1 : ta compagne a décidé d’allaiter

Pour bien l’accompagner, un conseil : renseigne-toi avant sur l’allaitement ! Ça te permettra de faire face à d’éventuelles difficultés et de lui proposer ton aide sans te prendre automatiquement un « mais qu’est-ce que tu en sais toi ? » dans la face.

Pour cela, bonne nouvelle, tu as Internet… Mais comme c’est parfois un peu TROP complet (et contradictoire, et pas toujours bienveillant) tu as aussi un guide drôle et concret : le déjà cité Manuel très illustré d’allaitement de Caroline Guillot, et son compte Instagram @tt.entt.

Sache trois choses, cher jeune (futur) papa :

  • Ce n’est pas parce que ta compagne allaite que tu seras forcément exclu des premiers mois de vie de ton enfant. Certes, Lait Paternel était un poisson d’Avril (pour rappeler l’importance de réformer le congé paternité), et tu ne pourras probablement pas être impliqué À CE POINT dans l’allaitement. Mais tu as un énorme rôle à jouer dans son accompagnement. Et puis tu peux faire tout le reste. Ça laisse de quoi s’occuper.
  • Si l’allaitement est difficile, ou douloureux, sois présent pour réfléchir à des solutions (en potassant le Manuel et le compte Instagram de Caroline Guillot) et la réconforter (petit massage des épaules ? stock de son pêché mignon préféré ?).
  • Il n’y a pas de mal à se faire aider. Plusieurs associations mettent à ta disposition des bénévoles (allaitantes expérimentées ou professionnels de santé) pour écouter et conseiller : Solidarilait, Allaitement tout un art, SOS Allaitement 75 et la Leche League.

Tout cela étant dit, souviens-toi que le pragmatisme, c’est la vie. Si vous ne trouvez plus de solutions, si la maman hurle de douleur toute la journée, pas de jugement, pas de pression, passer au biberon est toujours une option.

Scénario n°2 : ta compagne a décidé de ne pas allaiter (ou d’arrêter)

Dans ce cas, on n’en parle plus. Et tu vas également vivre des mois très forts, pendant lesquels tu nourriras ton nouveau-né sur un pied d’égalité avec sa maman. L’occasion de découvrir la signification du mot « araser » jusqu’à réussir à préparer un biberon à une main, sans rien mettre à côté.

Olé !

 

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Photo : Toa Heftiba

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