Mais qu’est-ce qu’on va faire de tous ces jouets ?

C’est beau un sapin de Noël le 25 décembre. Avec ses boules, ses guirlandes, ses chaussons déposés, ses petits chocolats et ses clémentines. Mais surtout, ses dizaines de paquets cadeaux empilés en une muraille multicolore, prête à céder sous les assauts malins des mignons déballeurs.

Elle est choquée grand-mère

Toi, tu regardes cette tornade de papier déchiré et de nouveau jouets, mi-attendri, mi-inquiet. C’est vraiment une bonne idée cette débauche de consommation ? Les porte-monnaies font grise mine. La planète va finir par s’énerver (il paraît d’ailleurs que la tendance 2019 sera au « Furoshiki« , le tissu cadeau réutilisable japonais). Il ne manquerait plus que ça rende les enfants « pourris gâtés ». C’est grave docteur ?

Le syndrome du trop-plein de jouets

Des chercheurs ont étudié l’impact de la quantité de jouets disponibles sur 36 enfants, âgés de 18 à 30 mois. Ils ont observé leur comportement de jeu pendant 15 minutes avec 4 ou 16 jouets. Ils ont mesuré le nombre d’utilisation de chaque jouet, le temps de jeu, et la manière de les utiliser.

Résultat : avec seulement 4 jouets, les enfants s’intéressent deux fois plus longtemps à chaque jouet, et trouvent 63% plus de manières différentes de les utiliser qu’avec 16 jouets.

Conclusion des chercheurs : trop de jouets réduit la qualité du temps de jeu. Une quantité limitée de jouer aide l’enfant à maintenir son attention plus longtemps, et à approfondir l’usage qui peut être fait de chaque jouet.

Et on ne parle même pas de la place que ça prend, ni du stress que ça ajoute (aussi aux parents) quand il s’agit de les ranger. Alors, comment nous soigner ?

4 idées pour éviter la crise des jouets

1. Jouer avec tes enfants

Les « meilleurs » jouets sont ceux qui permettent à l’enfant de se projeter et d’interagir avec son entourage. Contre-exemple : les jouets qu’on observe passivement en appuyant de temps en temps sur des boutons. Oui, leurs préférés.

Est-ce que cela veut dire qu’il faut bannir tous les jouets interactifs et se cantonner aux cubes de bois roses ? Heureusement, non. Tout dépend de l’exemple qui est montré aux enfants. Même un jeu vidéo au premier abord abrutissant peut être l’occasion de jouer en famille, d’inventer des histoires, de commenter les résultats de chacun. Il faut « juste » trouver le temps d’accompagner l’appropriation de chaque jouet. Du coup, choisir des cadeaux qui te font plaisir aussi n’est pas une si mauvaise stratégie (rappel : Read Dead Redemption 2 reste interdit aux moins de 18 ans).

2. Offrir (et demander d’offrir) des expériences

Les objets peuvent faire plaisir, mais qu’est-ce qui rend heureux ? Les expériences. C’est valable pour les parents, et certainement aussi pour les enfants.

Alors, pourquoi ne pas ajouter sur leur liste au Père Noël :

  • Une place pour un spectacle
  • Une visite du zoo, ou d’un musée. Avec des dinosaures par exemple. C’est trop bien les dinosaures
  • Un brunch mensuel avec son parrain ou sa marraine (avec, en prime, un brunch peinard pour les parents)
  • Pourquoi pas un voyage ? Prendre le train ou le RER. Dormir à l’hôtel. Visiter une nouvelle ville ou un parc d’attraction. L’aventure quoi !

3. Offrir (et demander d’offrir) des livres

« Si un enfant apprend très jeune à aimer les livres, il a un immense avantage dans la vie » disait Roald Dahl, qui s’y connaissait pas mal en littérature jeunesse. Une étude menée pendant 20 ans a confirmé que le déterminateur principal du succès futur d’un enfant était le nombre de livres disponibles dans son foyer. Il n’y a donc apparement aucun risque à offrir trop de livre.

Et, quand on offre une expérience, on peut l’annoncer avec un livre en rapport. Une BD d’Astérix et Obélix pour une visite au Parc Astérix, par exemple. Histoire d’avoir quand même quelque chose à déballer.

On peut même offrir l’expérience de recevoir régulièrement de nouveaux livres. Autrement dit, un abonnement à un magazine pour enfant.

Ou carrément, pour combiner « jouer avec tes enfants », « offrir des expériences » et « offrir des livres », pourquoi ne pas offrir un abonnement à La Petite Fabrique, un magazine conçu pour être lu en famille ?

4. Apprendre à donner

Ne sois pas celui qui t’accroche aux vieux jouets que même tes enfants ne veulent plus utiliser. Fais place nette sans scrupule, c’est pour leur bien. Et profites-en pour leur apprendre les bienfaits du recyclage et de la générosité. « On ne se sert plus de ces jouets, donnons-les pour qu’ils soient utiles à ceux qui en ont besoin ».

L’association Rejoué saura faire bon usage de ces dons. Ils accompagnent la réinsertion de personnes en situation de précarité en les faisant travailler sur la collecte des jouets délaissés, leur tri, leur revalorisation et leur remise en vente à prix réduit. Au passage, ils n’oublient pas de recycler les matériaux des jouets qui ne peuvent pas être restaurés. Un bon geste pour l’insertion, l’environnement et l’accès du plus grand nombre aux jouets les plus cools.

D’ailleurs, quand tu auras quand même vraiment besoin d’offrir un nouveau jouet, n’hésite pas à visiter leurs boutiques (en région parisienne mais aussi, via des associations partenaires, dans une dizaine d’autres villes françaises). C’est ce qui finance leur activité.

Et pour conclure, le plus beau cadeau

Cet enfant a eu la chance d’ouvrir à l’avance le cadeau qu’il voulait le plus pour Noël…

Non, ce n’est pas un GI Joe grandeur nature, c’est son papa qui revient de la guerre 😭

Après tout, comme le chante Mariah Carey en tout lieu et en toute occasion, chaque année de la mi-novembre au 26 décembre : « All they want for christmas is youououou… »

Photo : Yoga Joes

Gifs animés : 9GAG