3 raisons pour le couple d’investir dans un congé parental de 2 mois pour le père

Un investissement de « bon père de famille » ?

C’est formidable d’accueillir un enfant, mais ce n’est pas donné. Ça se paie en heures de sommeil, en disponibilité, en responsabilité, mais aussi, trivialement, en argent sonnant et trébuchant. La chambre supplémentaire + les frais médicaux + les couches et les petits pots bio + la nounou + tout le reste = un bon coup dans le porte-monnaie.

Pas forcément le meilleur moment pour faire des folies financières. Alors, même si on a entendu parler des bénéfices du congé parental des pères, même si on a signé une tribune demandant l’allongement du congé paternité, on peut se dire : « tant pis pour cette fois, on ne peut pas se le permettre. Pourvu que le cadre juridique évolue d’ici le prochain. »

Pour rappel, en France, en plus du congé paternité « standard » rémunéré (3 jours de congé de naissance + 11 jours de congé paternité) les pères salariés ont le droit de prendre jusqu’à 1 an de congé parental, indemnisé à hauteur de 490 euros par mois. Prendre 2 mois de congé parental est donc possible, mais cela représente une importante perte de revenus.

Et si on interprétait plutôt ce manque à gagner comme un investissement visant à optimiser, à moyen et long terme, la prospérité du couple ? Voyons 3 raisons qui en font un placement gagnant.

1. Le retour au travail de la mère est facilité

Le congé maternité, non seulement ce n’est pas des vacances, mais c’est aussi une phase de vie socialement compliquée qui peut endommager l’estime de soi et les aspirations professionnelles de la maman. Le fait que l’autre parent soit soumis à la même expérience, en binôme ou en relais, permet à chaque parent de s’appuyer sur l’autre pour dissiper ses doutes et ses appréhensions quant à la reprise du travail.

Il peut être aussi difficile de se résoudre à laisser dans une crèche ou à une nounou un bébé de moins de 3 mois (c’est encore tout petit à cet âge là). Le relais du père peut alors permettre à la mère de reprendre le chemin du bureau en toute confiance, sans avoir à prolonger son congé et risquer de s’absenter « trop » longtemps.

Toutes ces raisons expliquent probablement la nette corrélation observée entre la prise d’un congé parental prolongé par le père et l’augmentation du taux d’activité et des revenus futurs de la mère.

Ok pour investir 2 mois de salaire paternel sur un boost à long terme de la carrière maternelle ?

2. Le couple est plus agile pour saisir les opportunités de carrière

C’est mesuré : le congé parental prolongé du père entraîne à long terme un partage plus équilibré des tâches parentales et domestiques dans le foyer. Les couples qui font le choix de cet investissement sont donc plus flexibles sur le « qui fait quoi et quand » et ont la possibilité de concevoir ensemble leur plan de carrières (avec un « s ») en ajustant selon les opportunités professionnelles de chacun les moments « à fond sur le boulot » et « à fond sur les enfants ».

Autrement dit, on évite de mettre tous les oeufs du couple dans le même panier (la carrière du père) et on augmente ses chances d’identifier et de saisir les meilleures opportunités. La diversification : la base d’une stratégie d’investissement réussie.

3. C’est une opportunité de prendre du recul

Les entreprises à la pointe du management, celles qui parviennent à recruter et fidéliser des collaboratrices et des collaborateurs engagés, sont de plus en plus nombreuses à imposer tous les 3-5 ans un congé sabbatique rémunéré d’une durée de 3 semaines à 3 mois (Basecamp, Patagonia, WordPress, etc.).

Elles ont bien compris l’importance de ce type de break pour sortir la tête du guidon, découvrir d’autres horizons, se ressourcer et revenir plus motivé et productif que jamais.

On le redit : le congé parental, ce n’est pas des vacances, du tout. Mais s’immerger de longues semaines dans le rythme lent du nouveau-né peut relever de l’expérience spirituelle. On déconnecte vraiment. On est trop disponible pour le bébé pour pouvoir travailler, mais on profite de longs moments où il ne se passe pas grand-chose, propices à la réflexion.

Ces 2 mois de travail « sacrifiés » pourraient bien planter la graine de futurs succès. Et pourquoi pas, c’est dans l’air du temps, en profiter pour repenser ta définition même du « succès » ?

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