2019 : fête ou défaite des pères ? 5 raisons d’être optimiste

Tristan champion (papa français en congé paternité norvégien) et Patrice Bonfy (co-fondateur du Paternel), déjà co-auteurs en octobre 2018 d’une tribune pour un congé parental alterné, reprennent le clavier à 4 mains (2 à Oslo et 2 à Paris) pour faire un bilan d’étape de la situation des pères français en cette fête des pères 2019.

Saveur aigre-douce

Quelles sont les saveurs de ce cru 2019 de la fête des pères ? On ne peut pas nier une légère amertume sur l’attaque en bouche : rien n’a bougé sur la durée légale du congé paternité. La directive européenne qui aurait pu tout changer a été diluée jusqu’à ne rien changer du tout pour les papas français. Et toute réforme éventuelle a été reportée sine die.

Le gouvernement français ne semble pas pressé de s’attaquer à une réforme du congé paternité. Et, soyons honnêtes, l’opinion publique ne considère pas forcément son allongement comme une priorité. Nous sommes une poignée de pères à nous engager, entourés de quelques associations comme le collectif P.AF, relayés surtout par des médias féminins et féministes. Dans ce microcosme, nous sommes légèrement perdus autant que nous sommes perdants.

« Ça rape un peu. »

Mais, cette fête des pères 2019 a aussi des saveurs printanières. Pendant l’année écoulée, une vision renouvelé de la paternité (son congé, mais aussi son rôle dans l’éducation, sa place dans le partage des tâches parentales, etc.) a bourgeonné et prospéré comme jamais dans le débat public.

Alors essayons de voir le biberon à moitié plein et listons 5 raisons de croire que la nouvelle génération de pères prospère.

(Liste non exhaustive : si tu as une raison d’y croire à ajouter, n’hésite pas à nous l’envoyer)

1. L’État s’intéresse quand même à la paternité

Congé maternité des indépendantes

Le dossier du congé paternité prend la poussière dans un tiroir, mais on peut saluer l’alignement de la durée du congé maternité des indépendantes sur celui des mères salariées. Cela ne résout pas toutes les difficultés spécifiques des jeunes parents indépendants. (« Comment préparer mon retour à l’activité si je suis forcée de ne pas travailler DU TOUT ?« ). Mais cela vient certainement faciliter un peu la vie de la jeune maman freelance, donc de son foyer, donc de l’autre parent. CQFD.

Rapport de l’IGAS

Le gouvernement a aussi publiquement demandé à l’IGAS de réaliser une évaluation du congé paternité. Ce n’est certes pas une réforme, mais cela contribue à faire progresser l’idée de l’importance de l’implication du père dès la naissance d’un bébé. Un rapport public qui recommande d’allonger le congé paternité à 4 semaines, c’est peut-être 100 nouveaux papas qui décident d’assumer de regrouper leurs congés pour partir 3, 4, 5 semaines à la naissance de leur enfant, voire de poser carrément un congé parental.

Collectivités locales

Enfin, certaines collectivités locales prennent (ou confirment) des initiatives pour accompagner l’implication croissante des pères. Ainsi, à Paris, les Mairies des 5ème, 9ème, 15ème, 16ème et 17ème arrondissement accueillent des sessions d’initiation de l’Atelier du Futur Papa, auxquelles tous leurs administrés bientôt parents sont gratuitement conviés. « Si même la Mairie s’y met, je ne suis peut-être pas le seul à me poser toutes ces questions. »

2. Nos voisins font bouger les lignes du congé paternité

Abla Espanol ?

Alors que le Portugal propose déjà 5 semaines de congé paternité, l’Espagne vient d’appliquer son projet de loi portant le congé à huit semaines en 2019, douze en 2020 et seize en 2021, soit l’équivalent du congé maternité. Fait marquant, il a été voté à l’unanimité au congrès des députés espagnols.

Prater du Norsk ? (plus dur, c’est du norvégien)

La France semble prise en tenaille entre les pays latins qui évoluent et des pays nordiques qui confirment leur politique égalitaire. La Suède garantit au moins huit semaines au pères, les finlandais au moins six et la Norvège vient d’augmenter à 14 semaines. Soyons optimiste, nous restons devant l’Italie et la Grèce !

3. Des entreprises s’engagent pour l’égalité parentale

Offrir un congé paternité prolongé

L’Oréal (avec 6 semaines rémunérées à 100%) et le Groupe Lefebvre-Sarrut (avec 4 semaines) ont rejoint la crème de la crème de l’égalité parentale. Déjà dans ce peloton de tête : plusieurs grands groupes de la finance, des nouvelles technologies, et du luxe, mais aussi quelques startups comme Ÿnsect ou Welcome To The Jungle.

Cette mesure continue d’être plébiscitée comme un facteur clé d’égalité et d’épanouissement en entreprise. The Galion Project, think tank des « entrepreneurs en hyper-croissance » (a.k.a « qui pèsent très lourd »), en a même fait l’un des 45 points de sa charte pour l’égalité femmes/hommes : le Galion Gender Agreement.

Changer l’image de la parentalité en entreprise

De plus en plus d’entreprises mettent en place des actions pour casser les vieux réflexes managériaux qui voudraient que (attention, caricature) « un jeune papa est promu, une jeune maman est mise sur la touche ». Cela passe par des audits, des actions de sensibilisation, et des « plans parentalité ». On peut le dire d’expérience : les collaborateurs, hommes et femmes, apprécient, vraiment.

4. Les médias traditionnels aiment les pères nouvelle génération

Vu au journal TV (et papier)

Prenons comme échantillon les auteurs de cet article, Patrice et Tristan. 2 humbles anonymes dont le seul fait d’arme est de s’être fendu de 2-3 écrits sur la paternité :

Nous sommes loin d’être les seul.e.s vers qui sont régulièrement pointés caméras et micros pour témoigner de cette révolution silencieuse de la parentalité.

Les magnats de la presse s’impliquent

Pour la journée internationale du droit des femmes 2019, le magazine Marie-Claire a fait campagne pour l’allongement du congé paternité. Le forum Elle Active (du magazine éponyme) a choisi de traiter cette « urgence » en plénière. Et Le Monde accepte régulièrement de relayer les tribunes du collectif P.AF, dont celle de ce jour, que nous n’avons pas manqué de signer.

Autre signal encourageant outre-Atlantique : le New York Times a inauguré en mai « NYT Parenting », son site dédié à la parentalité. Et les enjeux de la paternité y sont particulièrement bien traités (à tous les sens du terme).

5. La paternité « buzz » sur les nouveaux médias

N’oublions pas l’indicateur clef de notre temps : le 👍. Là encore, la paternité progresse (sans dépasser encore les chats et les bébés dans le ❤️des instagrammeurs).

Les vidéos de papas se multiplient chez les « pure players » des réseaux sociaux (citons par exemple Fraîche, sans oublier Simone) et Pascal Van Hoorne, encore un papa engagé, explose LinkedIn avec une vidéo de tennisman en pleur consolé par son fils.

Les podcasts sont à la mode. « Histoires de Darons » a passé l’année, comme son nom l’indique, à raconter des histoires de pères. Et les podcasts orientés « maternité » (comme La Matrescence) n’oublient pas de donner la parole à des hommes.

« Et Le Paternel, ça va ? »

Imhotep. Depuis la dernière fête des pères, l’audience du site Le Paternel a plus que triplé, avec désormais plus de 10 000 visiteurs uniques chaque mois. On est encore loin de concurrencer la Maison des Maternelles, mais ça progresse, sans cesse (et sans pub).

« Et Barbe à Papa, ça va ? »

Imhotep. Depuis la fin de son congé, Tristan s’est lancé dans l’aventure de l’édition. Il prépare un livre sur le modèle égalitaire norvégien à travers les fantastiques aventures d’un français vivant à Oslo. Mais quel français ? Réponse en librairie en janvier 2020.

 

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Photo : mo alzway

 

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